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Elhadj Safioulaye Bah : « Quand on se sent impuissant, il faut garder le silence »

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Critiqué pour son silence face aux violences entre les opposants au projet d’adoption d’une nouvelle constitution et les forces de défense et de sécurité qui ont fait cinq morts, plusieurs blessés graves et des destructions de biens publics et privés dans la ville les 13, 14 et 23 janvier, le préfet de Labé sort enfin de son mutisme. S’exprimant ce samedi, Elhadj Safioulaye Bah a justifié son silence de ces dernières semaines par un sentiment d’impuissance devant les violences meurtrières qui ont secoué sa juridiction dont il est natif….
 
« J’ai une double casquette, je suis à la fois citoyen et préfet de Labé. En tant que citoyen de Labé, ce sont les miens qui sont concernés [par ces violences]. Je ne peux pas accepter qu’ils meurent, [tués]. J’ai échangé avec les forces de l’ordre et les organisateurs des différentes manifestations pour que les violences cessent. Parfois, quand on se sent impuissant, il faut garder le silence.
 
Je condamne ces exactions avec la dernière énergie. Je demande à chacun de se ressaisir. J’ai demandé au procureur de prendre les dispositions pour qu’une enquête soit ouverte, que  le médecin légiste fasse les autopsies afin qu’on sache exactement de quoi ils sont morts.
 
C’est nous qui avions demandé à l’ambulancier de partir prendre le corps à la mosquée et il est mort. Que cela se sache : il est inadmissible que des gens tombent, même s’ils ne sont pas de la même ethnie. D’ailleurs, qu’un seul Guinéen meure, c’est une perte pour la nation. Ce sont les jeunes là qui sont notre avenir. Que chacun se ressaisisse pour que la paix revienne dans notre cité et que les politiciens retournent à la table des négociations pour que cette souffrance que nous subissons s’arrête. 
 
J’ai échangé avec le gouverneur, je lui ai dit ce que je pense. Je ne peux pas vous dire ce qu’on sait dit, car parfois les médiations se font de façon discrète. J’ai expliqué ma position (…) Le rôle du préfet, c’est d’exécuter avec intelligence le rôle du gouvernement et lui remonter les volontés des collectivités à la base, maintenir la paix et aider à avoir un développement. Le rôle du préfet n’est pas politique. Un administrateur territorial qui se lance dans la politique n’est pas un administrateur. Le préfet que je suis commande aussi les police et la gendarmerie. J’ai entendu des gens dire que le préfet défend la gendarmerie. Oui, je le fais parce qu’ils n’ont nullement été accusés. Ils sont dans le rôle qui est le leur », s’est-il justifié.

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Labé : un journaliste blessé par des gendarmes

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Les journalistes guinéens sont régulièrement pris à partie dans l’exercice de leur profession. Ce mercredi 25 mars 2020, un correspondant de l’Agence guinéenne de presse (AGP) à Labé a été touché par une bombe lacrymogène. Saïfoulaye Diallo a reçu le projectile tiré par un gendarme au visage alors qu’il se trouvait au niveau du rond-point de l’hôpital régional de Labé.

« Quand je suis venu, j’ai trouvé trois à quatre pick-up des services de sécurité garés sur place. Directement, des agents sont venus vers moi et m’ont dit de faire demi-tour. D’autres parmi eux ont commencé à m’insulter, j’ai fait savoir que je suis journaliste et je travaille au compte de l’AGP. Quand je suis monté, ils ont jeté des pierres sur moi mais heureusement ils ne m’ont pas touché. Puis, l’un d’entre eux a dit à son camarade qu’il ne m’a pas touché et de tirer sur ma tête. C’est en retournant ma tête pour voir ce qui se passait que la bombe lacrymogène m’a atteint tout près de l’oeil. Quand la fumée s’est évaporée, l’un d’entre eux a dit que je suis toujours sur mes pieds et de tirer à nouveau. C’est là que j’ai couru pour me sauver et des jeunes m’ont pris pour m’envoyer dans une clinique au quartier Daka. Plus tard, la Croix-Rouge est venue me prendre pour me transporter aux urgences de l’hôpital régional », a-t-il raconté à un journaliste de Foutanews.

Selonles médecins, sa vie n’est pas en danger. Mais il est blessé au visage.

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Labé : des leaders du FNDC détenus au camp Elhadj Oumar Tall

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Soixante-douze heures après le double scrutin (référendaire et législatif), la résistance active et citoyenne déclenchée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) continue toujours dans la Commune Urbaine de Labé. Mais quelles sont les raisons de la poursuite de la résistance ? 

Thierno Ciré Diallo, le responsable à l’organisation de l’antenne régionale du FNDC/Labé, donne trois raisons :  » Nous avons donné des consignes à nos citoyens de poursuivre la manifestation, cela est dû à trois choses. Premièrement, le processus électoral n’est pas fini, nous avons même entendu Bourema Condé parlé de 204 bureaux de vote qui ont fonctionné normalement à Labé, nous nous demandons s’il y a deux Labé ».

Pour lui, il ne connait qu’un seul bureau de vote à Labé où les citoyens se sont battus pour empêcher que les élections aient lieu. La deuxième raison, « c’est pour dénoncer l’injustice que subissent les citoyens dans les différents quartiers de la commune. Où des femmes sont déshabillées et frappées à mort, on casse des véhicules et on arrête des paisibles citoyens. Et troisième raison, c’est pour demander la libération sans délais et sans condition de l’ensemble des citoyens qui sont arbitrairement arrêtés et notamment les six leaders du FNDC de Thiagêl Bori qui sont détenus au camp El Oumar Tall de Labé. »

Dans un ton très ferme, le chargé à l’organisation a rappelé que la place du citoyen ne se trouve pas au camp tout en rappelant que le camp, c’est pour les militaires et non pour les civils. 

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Mosquée (Labé) : le domicile du candidat uninominal du RPG arc-en-ciel incendié

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Au lendemain du double scrutin, législatif et référendaire, ergoté par les opposants à un éventuel 3eme mandat pour le président Alpha Condé, le domicile familial du candidat uninominal du RPG arc-en-ciel aux élections législatives, situé dans le quartier Mosquée, a été incendié ce lundi 23 mars 2020 aux environs de 13 heures par des inconnus. 

La grande maison de plusieurs pièces, la cuisine et deux véhicules stationnés dans l’enceinte ont été consumés par le feu. Les sapeurs-pompiers appuyés par des agents de la sécurité ont été rapidement déployés sur les lieux pour circonscrire les flammes. Interrogée par un reporter de Foutanews, la victime Thierno Aliou Mosquée Diallo n’a pour le moment pas accepté de se prêter à nos questions.

Dès le matin de ce lundi 23 mars 2020 des jeunes manifestent leur colère contre la tenue du double scrutin législatif et référendaire dans plusieurs endroits de la ville de Labé.

Aux dernières nouvelles, un jeune âgé d’une vingtaine d’années touché par balles a été admis d’urgence à l’hôpital régional de Labé pour une intervention chirurgicale.

Nous y reviendrons !

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