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ENQUETE

Labé : malgré l’état d’urgence, boites de nuit, bars et autres lieux de loisirs fonctionnent

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Depuis la détection du premier cas du coronavirus en Guinée, officiellement, le 12 mars dernier, le gouvernement guinéen avait décrété l’état d’urgence sanitaire pour endiguer sa propagation dans le pays. Parmi les mesures phares prises figuraient la fermeture de tous les lieux de loisirs, des institutions d’enseignement et les lieux de cultes.

Pour comprendre comment certains tenanciers de bars, boites de nuit et chicha Lounge ont profité de la levée du couvre-feu à l’intérieur du pays pour braver cette interdiction, un de nos reporters s’est passé pour un client. Il a visité ces différents lieux où il y a chaque soir du monde depuis la fin du mois de ramadan.

C’est le cas de l’Albatros, du complexe Saala Plus (plein air, Chicha Lounge et Jardin), le QG ou Alpha Yaya et bien sûr l’aéroport de Labé. Dans ces milieux, aucun geste barrière n’est respecté. Des jeunes filles et garçons sont assis côte à côte se partagent un fumoir de chicha et certains boivent de l’alcool.

Pour ne pas être surpris par les forces de l’ordre, ils ouvrent une seule porte et font jouer de la musique à partir d’une radio Bluetooth en faisant très attention à l’amplitude. Dans certains endroits, une personne monte le guet pour les alerter en cas d’une probable descente musclée des services de sécurité.

Par exemple, au night club Albatros, situé en plein cœur du marché de Labé, appartenant au secrétaire général du RPG arc-en-ciel de Labé, ils entrent dans les lieux deux à deux et non pas par groupe pour détourner l’attention des passants. Malins qu’ils pensent être, les propriétaires éteignent toutes les lumières externes. Selon nos informations, l’albatros a été le premier à rouvrir ses portes dès après la fin du mois saint du ramadan et les autres lieux ont emboîté les mauvais pas.

Du côté de l’aéroport de Labé, le gérant du maquis est assis à la porte et scrute les différents mouvements. Quand un client vient, il ouvre la porte et le vend sans attirer les regards des curieux. Chez Alpha Yaya, chaque jour, plus de cent jeunes s’y rencontrent. Ils s’enferment à l’intérieur pour se baigner dans la piscine ou fumer de la chicha. Et depuis la réouverture des championnats de football – espagnol et Allemand – les vidéo clubs ont rouvert et de nombreux passionnés du cuir rond s’y rendent et s’assoient côte à côte pour suivre les matchs de football. Adieu la distanciation sociale et le port des bavettes.

Faudrait-il maintenant rouvrir les lieux de cultes ? C’est l’unique question que de nombreux citoyens se posent. En attendant une réponse à cette interrogation citoyenne, boites de nuits, chicha Lounge, bars… continueront leur triste fonctionnement.

À date, la Guinée dénombre près de 5 000 cas diagnostiqués positifs au coronavirus, plus de 3 000 personnes déclarées guéries à la Covid 19 et 24 décès.

Mamadou Oury DIALLO 623 18 31 74

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Enquête : un désastre environnemental est-il inévitable à Labé ?

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L’humanité a célébré la journée mondiale de l’environnement la semaine dernière. À Labé, au centre-nord du pays, cette journée est passée inaperçue, alors que le bradage des verges des rivières et des lits des cours d’eau demeure une tradition. Les briqueteries causent des préjudices au couvert végétal qu’a connu cette agglomération avec une belle savane arborée ce, en dépit du combat citoyen mené par certaines volontés, pour sauver le reste du désastre environnemental.

Derrière une belle urbanisation qui attire toutes les convoitises, se cache un véritable désastre écologique. L’action de l’homme contre la faune et la flore s’opère sous le regard de tous. Après la disparition de certains cours d’eau, plusieurs autres sont véritablement menacés. Un phénomène qui depuis un moment constitue une préoccupation pour la mairie de Labé. « Le constat est vraiment alarmant. Notre environnement est en train de se dégrader et à ce rythme là, si on ne fait pas attention, si nous ne prenons pas nos responsabilités à tous les niveaux, nous serons dans une commune invivable dans 10 ans » confesse Younoussa Baldé, membre du conseil communal.

La gestion des ordures, un chaos

El hadj Mamadou Cellou Diallo, directeur Exécutif de l’ONG Bhanlal Guinée et défenseur de la nature, ne lésine pas sur les mots pour décrire l’état des cours d’eau et des caniveaux devenus une destination finale pour les ordures. Il prédit un danger à ciel ouvert avec les déchets non-biodégradables qui sont d’ailleurs légions : « La gestion des ordures produites çà et là dans les ménages, c’est le chaos. Les caniveaux servent des cimetières aux ordures, les cours d’eau sont envahis par les immondices et les gadoues de ville. Tout ce que nous pouvons imaginer, c’est si on pouvait assurer une gestion durable de ces ordures ça nous aurait évité certains défis à relever tel que la pollution, les matières plastiques qui ne sont pas biodégradables. Elles restent des années durant, des siècles et des siècles ensevelies dans le sol ou alors éparpillées dans la surface du globe. »

Pour protéger l’écosystème qui subit un grand envahissement par l’Homme, Younoussa Baldé, annonce que les responsables communaux envisagent un certains nombre de mesures : « Nous pensons avoir très bientôt, une solution définitive à la question de l’environnement a travers un programme qu’on a décroché avec la société civile et le Club des Amis du Monde une organisation de la société civile à Labé. Depuis un mois, la commune urbaine est sur le terrain pour toucher les réalités environnementales du doigt. On a vu aujourd’hui ce qui prévaut le long des cours d’eaux. C’est une élimination totale des arbres qui longent les cours d’eau. La commune est en train de prendre des dispositions donc déguerpir tous ceux qui occupent anarchiquement et illégalement les bordures des cours d’eau et procéder à des opérations de curage et de dragage ; et s’engager dans des activités d’aménagement des espaces verts. »

L’envasement des cours d’eaux peut entraîner facilement des inondations

Rendre une ville propre est avant tout une responsabilité partagée insiste l’ancien professeur d’écologie à l’Université de Labé. Mais dans la gouvernance environnementale rappelle-t-il, le rôle des élus locaux est primordial. : « Les ordures ne tombent pas du ciel. Elles sont produites dans les ménages, dans les secteurs, dans les quartiers, la responsabilité des élus locaux est fondamentale. Il faudrait appeler à un suivi régulier dans la gestion de ces ordures. Si chacun jette là où il veut, l’assainissement ne verra pas le jour d’autant plus qu’en longueur des journées vous, nettoyez alors que quelqu’un d’autre vient, il salit. (…) Les marigots, ce sont des points de collecte de toutes ces ordures, de ces matières plastiques et tout ce qui s’en suit. L’envasement des cours d’eaux peut entraîner facilement des inondations. Ce sont des risques énormes. Les matières plastiques sont consommées par les bêtes en divagation, c’est un risque pour les éleveurs et sans compter maintenant les conséquences climatiques ce que cela peut entraîner. »

Ce danger pour les générations futures semble avoir interpellé la conscience de certains acteurs de la société civile. L’année dernière, un consortium d’associations et d’ONG a reboisé le lit d’un cours d’eau situé dans le secteur Boleya, quartier TATA 1 : « Le long de ce cour d’eau, il y a pas mal des jardins et d’autres cultures. Mais si nous constatons que ce cours d’eau ne fait que disparaître, c’est quelque chose qui a attiré notre attention. Donc nous avons jugé nécessaires de travailler la dessus. La plupart des cours d’eau qui sont loin des habitations survivent, mais une fois que les gens viennent auprès des cours d’eau pour construire anarchiquement, généralement, ils disparaissent. Et là, c’était un cours d’eau où la construction n’était pas anarchique. Donc c’était le moment de se lever pour planter des arbres. »

Un réveil tardif rendra Labé comme plusieurs autres localités de la Guinée invivables à cause des actions néfastes contre l’environnement. Les citoyens doivent certes s’engager, mais les dépositaires de la loi publique sont davantage interpellés.

Sally Bilaly SOW Tel : 623 18 31 74

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L’explication du premier imam de Labé qui contredit la version de Madifing Diané sur la mort de l’ambulancier de l’hôpital régional

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Lors de la rencontre, mercredi 5 février,  entre les sages de Labé et les émissaires du président Alpha Condé, délégués au Fouta-Djallon suite aux violences meurtrières de janvier dernier pendant les manifestations du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le premier imam de la Cité de Karamoko Alpha est revenu sur les circonstances dans lesquelles cinq personnes ont perdu la vie, notamment celles concernant la mort de l’ambulancier de l’hôpital régional de Labé.

Alors que le gouverneur de la région administrative de Labé, Madifing Diané, jure que ce ne sont pas les forces de défense et de sécurité qui tirent sur les manifestants mais plutôt ces derniers qui s’entre-tuent, le premier imam de la grande mosquée de Labé, Elhadj Badrou Bah, a raconté aux émissaires du président Alpha Condé les exactions que les militaires et les forces de sécurité ont commises pendant les opérations de maintien d’ordre dans la ville.

Concernant le meurtre de l’ambulancier de l’hôpital régional de Labé, le 23 janvier dernier, a expliqué  : « Ce qui s’est passé ici, c’est énorme! Moi-même, j’ai délégué mes muezzins avec l’ambulancier de l’hôpital de partir à la mosquée pour prendre le corps (d’un jeune homme tué dans les affrontements entre les forces de l’ordre et les partisans du FNDC, NDLR). Sur la route, ils ont été arrêtés par les service de sécurité qui les ont fait descendre du véhicule. Les agents ont frappé les muezzins et tué l’ambulancier. Ils partent jusqu’à arrêter un imam (d’un autre mosquée, NDLR) qui partait à la mosquée pour la prière du vendredi, ils disent à ce dernier qu’il ne passe pas. Imaginez un imam qui est attendu par les fidèles musulmans pour la prière du vendredi. Ils retirent les téléphones de cet imam en plus. Le lendemain, il est allé à la gendarmerie pour les récupérer. Si après tout cela, nous vous disons que nous sommes contents, sachez que nous ne serions pas en train de vous dire la réalité. Nous sommes peinés et inquiétés par ce qui se passe dans la région », a-t-il fait savoir aux émissaires du chef de l’Etat guinéen.

A la fin de son intervention, Elhadj Badrou Bah a demandé à la délégation de dire la vérité au président Alpha Condé, en lui conseillant d’éviter de toucher les sujets qui peuvent occasionner des conflits en Guinée ; autrement dit de renoncer au projet de changement de la Constitution qui, depuis plusieurs mois, plonge le pays dans une crise sociopolitique qui menace sa stabilité.

A noter que dans la polémique qui avait suivi la mort d’Aldiouma Diallo, 50 ans, le gouverneur de la région administrative de Labé, Madifing Diané, avait accusé les manifestants d’être les seuls et uniques responsables de ce drame, assurant que c’était dans leur secteur que l’équipe médicale allait chercher la dépouille mortelle du jeune Mamadou Cossa Kanté. « C’est là-bas qu’il a été tué. Ils n’avaient pas à faire aux agents de sécurité quand ils abattaient froidement ce chauffeur ambulancier », s’était-il défendu.


A (re)lire aussi : La bastonnade qui a coûté la vie à l’ambulancier de l’hôpital régional de Labé filmée

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 (Vidéo) : comment l’ambulancier de l’hôpital régional de Labé a trouvé la mort ?

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(Article mis à jour): La ville de Labé, située à près de 450 kilomètres de la capitale Conakry, au nord du pays, est le théâtre depuis plusieurs jours de violents affrontements entre manifestants et forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la contestation du projet de nouvelle Constitution porté par le gouvernement mais farouchement combattu par le FNDC. Les violences ont culminé dans la journée du 23 janvier 2020 au cours de laquelle trois personnes ont été tuées dont l’ambulancier de l’hôpital de Labé, Aldiouma Diallo, 50 ans.

 

Sur les circonstances de sa mort, « Maitre Diouma », comme l’appelait affectueusement le personnel sanitaire, partait récupérer le corps de Mamadou Cossa Kanté, un jeune homme de 26 ans, tué plus tôt par balle au cours des accrochages impliquant des militaires venus du camp Elhadj Oumar Tall de Labé sur réquisition du gouverneur de région, Madifing Diané.

« Ils l’ont par la suite frappé à l’aide de bâtons au niveau de la nuque ».

Les faits allaient restés non traçables, si un citoyen n’avait pas eu le courage de filmer l’intégralité de la dramatique scène. En exclusivité, la rédaction de Foutanews.info, s’est procurée de la vidéo qui dure deux minutes onze secondes, où l’on voit des éléments des FDS s’en prendre à l’ambulance, à l’ambulancier et aux autres occupants secouristes. Dans la séquence, on entend des témoins, impuissants, décrire l’agression. Certains tentent de venir à la rescousse en jetant des cailloux et en criant.

La Scène s’est déroulée jeudi après-midi près d’une station-service au quartier Kouroula, près de la gare routière. Nous avons pu parler avec l’auteur de la vidéo qui explique ce qu’il a vu : « J’étais arrêté derrière la cour d’une concession. J’aperçois un véhicule et je me pose la question : quelle est la personne qui se hasarderait à faire sortir sa voiture en pareille tension ? Par la suite, j’aperçois les phares et je me dis que c’était une ambulance. Dès qu’ils sont arrivés à la station Shell, je vois venir deux pick-ups. Un de la gendarmerie et un autre de couleur blanche. Je ne sais pas de quel corps. J’étais un peu loin, donc je n’entendais pas la quintessence de leurs échanges. Quelque temps après, j’ai vu un agent qui détenait un bâton s’approchait de l’ambulance. Ensuite, il a asséné le pare-brise et ses collègues s’en sont pris aux personnes qui étaient à bord de l’ambulance en les rouant des coups. Un agent est venu ouvrir la portière coté chauffeur, il l’a tiré de force de son siège. Ils l’ont par la suite frappé à l’aide de bâtons à la nuque. Après les gens qui étaient dans les parages sont massivement sortis en criant ‘c’est une ambulance, c’est une ambulance’. Et quand ils ont vu les personnes sortir en masse, ils l’ont jeté et les agents savaient déjà qu’il était mort.  Ils l’ont abandonné sur place et se sont enfui. Les citoyens sont venus le prendre et le mettre dans son ambulance pour l’amener à l’hôpital qui se trouve à quelques mètres du lieu de l’assassinat. »

Suivez la vidéo du déroulement de la scène

Mamadou Alpha Diallo, un des jeunes qui étaient à abord de l’ambulance, est aussi revenu sur les circonstances de la scène qu’il a vécue : « Quand nous avons dépassé la barricade érigée par des manifestants, nous sommes tombés sur le pick-up des forces de l’ordre qui n’était pas loin. Nous leur avons dit que nous ne sommes pas manifestants que nous partons chercher un corps. Mais ils étaient très nerveux. C’est ainsi que certains d’entre eux ont cassé le pare-brise de l’ambulance. Agents de force de l’ordre et manifestants se jetaient des pierres. C’est dans ce contexte qu’on s’est aperçus de la disparation du chauffeur. Nous avons voulu nous expliquer, mais ils ne nous ont pas écoutés. Ils nous rouaient de coups et les agents ont également continué à donner des coups à l’ambulance. Donc, les jeunes ont intensifié les jets de pierre pour permettre de nous sauver. C’est dans cette situation confuse qu’on a vu le chauffeur couché à même le sol. »

Une version démentie par le gouverneur de la région administrative de Labé que nous avons joint au téléphone. D’après Madifing Diané, ce sont les manifestants qui sont à la base des différentes tueries enregistrées dans la ville ces derniers jours. « [L’ambulancier] partait prendre le corps au niveau des manifestants. Ils l’ont battu », a-t-il rétorqué, assurant que les autres cas de morts, c’est encore les manifestants qui en sont les auteurs. La première victime, « ils l’ont battue à mort eux-mêmes. C’est ce jeune que le monsieur de l’ambulance allait récupérer. Le deuxième, ils disent encore ce sont les forces de l’ordre. Ce sont les manifestants qui tirent entre eux ».

Une accusation en totale contradiction avec les différents témoignages recueillis auprès des citoyens et des professionnels de santé. Depuis le début de la « résistance active et permanente lancée » par le FNDC, le 13 janvier dernier, cinq personnes ont été tuées dans les affrontements à Labé entre opposants au projet d’adoption d’une nouvelle constitution et forces de l’ordre appuyées par des milliaires. De nombreux blessés, certains par balles, sont également à déplorer. Craignant pour leur vie, les médecins de l’hôpital de Labé ont quant à eux déserté le centre hospitalier, obligeant les malades à rallier leurs domiciles ce vendredi, après la mort de l’ambulancier.

Le déploiement en masse des militaires notamment des éléments du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), une unité d’élite de l’armée guinéenne, et des forces de l’ordre ont permis de mettre fin aux affrontements dans les rues. Mais la tension n’est pas pour autant totalement retombée car l’exigence des partisans du FNDC, à savoir le départ du gouverneur Madifing Diané, n’est pas satisfaite par les autorités compétentes.

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