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TRIBUNE

Tibou, le pouvoir, les privilèges et les voltiges….

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Non sans amusement, j’ai, comme bon nombre de nos compatriotes lu la tribune de Monsieur Tibou Camara à propos du chef du défunt état, son prophète Alpha Condé…. Henri Gougaud disait : « plus un homme a de pouvoir, plus il fait froid autour de lui. Un voleur peut être digne d’amour et de confiance, un roi, un pape, jamais ». 

Le commun des guinéens a malheureusement pris l’habitude de le lire et d’apprécier la qualité de sa plume, son aptitude à coucher sur papier les proses qui éclosent de son subconscient, son habileté à exposer le démon ou l’ange en fonction de ses rapports au pouvoir. Au fil des ans, des situations, des intérêts et des positions, Tibou a découvert en Alpha Condé le tyran qui, à ses yeux d’exilé, risquait de condamner la Guinée à la décadence.  

De retour d’exile, le même Tibou découvre en Alpha un messie sans lequel le pays va tout droit dans l’abîme. On se souvient de ses tribunes en 2014 sur un site de la place (Africaguinee) où il disait ceci sur la quête de réélection d’Alpha: « ….aussi jette-t-il son dévolu comme la première fois sur le tripatouillage des élections dont il est passé maître ou professeur… » fin de citation. 

La même année, il signe une autre tribune sur un autre site  (Visionguinee) où il écrivait « l’histoire de la Guinée s’est arrêtée depuis qu’Alpha Condé a accédé au pouvoir au mépris de la vérité des urnes et pour le plus grand malheur des guinéens» pour ne citer que ces deux cas. 

Depuis ce moment, il a plu, des fleurs ont poussé, Tibou a changé de costume et surtout de bord sociopolitique. Il est dans les couloirs, au cœur du pouvoir. En 2020, l’Alpha qui, selon lui a prophétisé sa nomination, est devenu le réel, le vrai.

Qu’appelle-t-il réel, vrai. Qu’appelle-t-il simple et accessible au petites gens. Est-ce l’Alpha qui a, entre les deux tours de 2010, été à la base de l’expulsion de guinéens d’une portion du territoire de leurs ancêtres par d’autres guinéens? Alpha Condé le vrai, est-ce celui qui a initié le manding Djallon pour opposer des fils du Foutah à d’autres fils du Foutah ? Son Alpha, est-ce celui qui l’a désigné comme instigateur de l’attaque de sa résidence de Kipé ?

Son alpha, le vrai, est-ce celui qui, depuis 10 ans ordonne des tueries ou fermes les yeux parce que selon lui ce sont des opposants ? Son Alpha le vrai, est-ce celui dont la justice ne condamne que les opposants et ne relaxe que les partisans ? Son Alpha le vrai, est-ce celui pour lequel on refuse la morgue aux dépouilles des victimes d’exactions commises par les forces de l’ordre ? Son Alpha le réel, est-ce celui pour lequel les collaborateurs de Lansana Conté autrefois démons sont devenus de nos jours les éclaireurs éclairés qui le guident vers le pouvoir à vie ? 

A le lire, on se demande de quel Alpha il est question ? De quel pays nous parlons. Ce pays, depuis justement l’accession de son Alpha au pouvoir s’est mué dans le silence, dans la déliquescence, la fracture, la résignation dans l’asphyxie. Depuis son arrivée, ce que le guinéen ordinaire considérait comme une entorse est devenue une fracture, ce qui représentait une égratignure est devenu une plaie béante. 

Cher Monsieur le disciple votre maître est le seul à avoir directement institué que son pouvoir exclurait le Foutah. Il a ouvertement dit que, la primature reviendrait à la Basse Guinée, le parlement à la Forêt vu que la présidence est revenue à la Haute Guinée. L’histoire retiendra qu’en tant que président de la Guinée et de tous les guinéens, votre Alpha, le vrai, a mis cette idée en pratique n’en déplaise aux pontes du Foutah qui, comme des collabos lui dressent des perles en longueur de discours, d’éditos ou de tribunes. 

L’adage selon lequel « le pouvoir change l’homme » n’a jamais autant eu de sens qu’avec vous. A la lumière de votre dernier écrit, paraît la complaisance d’un homme qui, à force de se dédire, à force de goûter, à force de s’engraisser se voit redevable au point de débiter des fadaises pour garder les grâces de la diva.  

Cher monsieur, continuez de vous délecter des saveurs du pouvoir, profitez de vos privilèges au point de nous renier le droit de pensez que vous êtes insincères, poursuivez votre course vers les sommets en ignorant les cadavres qui ont jonché votre parcours électoral. Restez convaincu, car visiblement vous pouvez l’être par la chose et son contraire.

Pendant ce temps, des centaines de familles pleurent la perte tragique d’êtres chers dont vous et votre chef n’avez pas l’élégance d’exprimer la moindre compassion. Pendant que vous ventez le rayonnement des couloirs du pouvoir, pendant que vous chantez les louanges du chef, pendant que le cercle que vous formez avec d’autres se solidifie autour du presque centenaire, nous autres ne comptons plus les nuits passées au noir à nous demander quand est-ce que viendra la lumière. 

Pendant que vous nous dites que votre Alpha le vrai est bon et clément, nos frères et sœurs croupissent en prison sans jugement. Pendant que vous dépouillez le pays de ses textes et institutions, nous autres côtoyons les montagnes d’ordures de plus en grandes. Pendant que vous faites croire au septuagénaire qu’il représente l’avenir de ce pays, nous savons que depuis sa réélection nos enfants, vrai avenir du pays n’ont pas eu une année scolaire digne grâce à son génie et à sa clairvoyance. 

Au final, monsieur le ministre, votre Alpha, celui de 2020 est le vrai. Il l’a toujours été.

Votre Alpha de 2020 est celui-là qui a exposé les guinéens au coronavirus pour tailler à sa mesure le torchon dont vous tous êtes complices de la forfaiture. Votre Alpha, le vrai est celui pour lequel des jeunes ont été tués par les forces de l’ordre à Conakry et N’Nzérékoré. Votre alpha, le vrai est celui qui a voulu substituer son égo à la volonté du peuple Bissau Guinéen.

Votre Alpha, le vrai est celui qui a dit à la presse française que parce d’autres ont tué pour changer de Constitution, qu’il changera la constitution même au prix de plusieurs morts. Votre Alpha le vrai, est celui que personne ne connaissait, le tyran, l’anti démocratique, l’ethno stratège. 

Votre seul sursis, c’est le silence assourdissant de la grande muette dont la frange loyaliste bénéficie des largesses au même titre que vous au détriment de la frange républicaine qui, à la place, protégerait le peuple au lieu du pouvoir.

Molabico Diallo

1 Comment

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  1. Diandiallo

    26 juin 2020 at 23 h 36 min

    Ouais c’est à se demander de qui se joue t-on? Il est juste de la bande de ceux qui sucent la république, l’histoire l’aura retenu.

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Actualité

Lettre de Macron à Alpha Condé : »semble avoir simplement pris acte d’une situation »(Aliou Bah)

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À travers sa lettre, le Président Emmanuel Macron semble avoir simplement pris acte d’une situation de fait tout en prenant le soin d’exprimer des voeux et des souhaits en faveur du peuple de Guinée. En soi c’est une démarche de principe conforme aux valeurs de SOLIDARITÉ auxquelles le monde libre est attaché. Cela ne peut donc être ni une approbation ni un soutien encore moins une félicitation en faveur d’Alpha Condé.
 
Cet état de fait rapporté à nos pratiques culturelles et religieuses, ressemble au cas d’un enfant né hors mariage sur lequel il est nécessaire de donner une opinion. L’on peut refuser de s’associer à son baptême ou son éducation, mais il est inimaginable de nier son existence et son droit de porter un nom. Et mieux, l’humanisme permet de lui souhaiter longévité et succès dans sa vie sans que cela ne soit assimilable à une promotion de l’adultère ou une correction de son statut.
 
Lorsqu’une démocratie consacre la limite des mandats présidentiels à deux, un troisième mandat devient illégal car conçu au mépris des lois et de la morale. Il devient l’équivalent de l’enfant adultérin dont la famille (la partie saine du peuple) pourrait ne pas être fière. Dans une telle circonstance, il appartient à ses parrains (parents) d’en assumer la responsabilité et les conséquences devant les hommes, l’histoire et surtout devant DIEU.
 
Alors même aux portes de l’enfer, il est normal de souhaiter succès et bonne chance à un damné bien que son sort soit déjà scellé de façon irréversible.
 
Aliou BAH
#MoDeL

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TRIBUNE

Tierno Monénembo : « Les dictatures, on ne les fuit pas « (Tribune)

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Depuis quelques jours, des Etats-Unis, de France, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Mali et d’ailleurs, des bonnes âmes soucieuses de ma liberté et de ma vie m’adressent des messages d’alerte : il paraît que ma vie est en danger. Je devrais me méfier, baisser le ton, adoucir mes propos et peut-être même quitter le pays.

Eh bien non, je ne me méfierai pas, je ne baisserai pas le ton et surtout, surtout, surtout, je ne quitterai plus jamais mon pays sauf pour les besoins d’une conférence, d’un Salon du Livre ou d’un check-up médical. Je ne viens pas de Haute-Volta moi, je suis d’ici moi. Mon père est enterré au cimetière de Coléah, ma mère, à celui de Dixinn, mes aïeux reposent à Porédaka.

Déjà, à la fin des années 60, ceux de ma génération avaient commis la grave erreur de fuir le régime bestial de Sékou Touré. Aujourd’hui encore, le pays entier continue d’en payer le prix. Les dictatures, on ne les fuit pas, on les confronte, on leur crache dessus, on les abat. Cette magistrale leçon de l’Histoire, je l’ai parfaitement assimilée à présent. Je ne reculerai plus jamais devant un despote. La liberté a un prix et ce prix, je suis prêt à le payer comme l’ont déjà fait nombre de nos compatriotes.

Je pense aux centaines de morts qui jalonnent les deux mandats du sinistre Alpha. Je pense aux dizaines de disparus, aux milliers de prisonniers politiques. Je pense en particulier à Ousmane Gaoual, Sékou Koundouno, Chérif Bah, Etienne Soropogui Oumar Sylla, Saïkou Oumar, Ismaël Condé, Souleymane Condé et les autres. Je pense à vous tous vaillants patriotes guinéens qui croupissez dans les geôles d’ Alpha Condé pour avoir refusé de renoncer à votre dignité de citoyens. Je m’incline humblement devant votre foi et votre bravoure.

Les Guinéens en ont jusque-là. Ils sont tous prêts à mourir pour recouvrer leur liberté. Ils sont prêts à consentir les sacrifices qu’il faut, cela prendra le temps que cela prendra. Ils savent que le despotisme est déjà derrière eux. Le régime archaïque d’Alpha Condé n’est que le dernier maillon d’une espèce en voie de disparition. Après 62 ans de chaos absolu, ils savent qu’ils sont près du but : c’est pour bientôt, le soleil de la liberté, le jour de la concorde et du bien-être collectif.

Pour ma part, non seulement je ne quitterai pas le pays, mais je suis prêt à mourir. Rien de plus beau que de mourir pour la liberté ! Il y a des moments où la plume ne suffit pas. Il y a des moments où l’écrivain doit abandonner sa table de travail pour descendre dans l’arène. Le romancier ne doit pas se contenter de prendre la parole, il doit aussi prendre la rue, se tapir dans les tranchées ou se jucher sur les barricades.

« Un poème dans la poche, un fusil dans la main », disait d’ailleurs mon ami congolais, Emmanuel Dongala. De Garcia Lorca à Paul Eluard, de Tahar Djaout, à Ken Saro Wiwa, c’est quand le poète tombe sous les balles des barbares que la littérature prend tout son sens. Et qu’est-ce que la littérature sinon, ce bataillon armé de mots qui depuis la nuit des temps occupe les avant-postes du combat pour la liberté : liberté d’être, liberté de penser, liberté de dire, liberté d’aller et de venir, liberté de créer, liberté de rêver.

Non, je ne reculerai pas. Non, je ne me méfierai pas. Non, je ne n’adoucirai pas mes propos. Je continuerai vaille que vaille à dire merde à ce régime de merde.

Advienne que pourra !

Par Tierno Monénembo

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TRIBUNE

La colère de Tierno Monenembo : Jusqu’à la victoire finale !

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Le combat que nous avons commencé au sein du FNDC est noble et juste. Il répond aux aspirations de notre peuple. Il va dans le sens de l’Histoire. Rien ni personne ne doit nous détourner de cette mission sinon la victoire finale. Nous avons tout pour nous et le soutien de notre peuple et la caution de la communauté internationale. Et nous avons perdu suffisamment de combattants pour avoir peur d’en perdre encore. Dorénavant, les Guinéens sont prêts à mourir jusqu’au dernier s’il le faut, pour sortir de la dictature. Rien ne nous prédestine à suffoquer sous les serres d’un régime aussi médiocre.

Ces bandits de grand chemin qui en dix ans ne nous ont apporté que les divisions ethniques et le pillage éhonté de nos ressources doivent quitter le pouvoir au plus vite. Pour rien au monde, on ne doit leur laisser espérer la possibilité d’un troisième mandat. Deux mandats, c’est déjà trop pour ces diables dont la seule ambition est de ruiner la Guinée en s’abreuvant du sang de son peuple.

Nous en sommes au dernier virage de notre héroïque combat. Préparons-nous à la victoire finale, le 18 Octobre au plus tard, la date que ces imposteurs ont choisie pour escroquer une troisième fois notre jeune démocratie. Tout doit être clarifié d’ici là.
Ces gens veulent le rapport de forces? Eh bien, ils auront le rapport de forces Les dés sont jetés, cela doit être clair dans nos têtes. Plus question de reculer ! A la force brutale de ces barbares, opposons la force brutale du peuple ! On verra bien qui a raison : la sale besogne des imposteurs ou la belle œuvre des patriotes?

Aucun régime n’est fort devant son peuple. Si nous réussissons à mobiliser notre peuple avec rigueur et méthode, tous ces misérables fanfarons vont prendre la poudre d’escampette. Rien sur terre n’est aussi puissant qu’un peuple uni et déterminé!

Notre dignité nationale est en jeu, mes chers compatriotes. Aux yeux des autres Africains, nous passons pour un peuple de craintifs et de «mollassons», pour reprendre la méprisable expression de Blaise Compaoré. Si Alpha Condé réussit son putsch du 18 Octobre, nous n’aurons nulle part où lever la tête. Des despotes nègres ont été chassés pour moins que ça. Mettons-nous bien dans la tête que nous devons faire aussi bien que nous courageux frères du Burkina: quand un président est aussi nul qu’un Alpha Condé, qu’un Compaoré ou qu’un Yaya Jammeh ou qu’un IBK, on n’hésite pas une seconde, on le fout dehors.

Moins il y a de dictateurs, plus les peuples sont épanouis !

Le temps presse. Recommençons le porte-à-porte, multiplions les slogans mobilisateurs, galvanisons nos militants ! La victoire est à portée de main, et cette fois-ci, elle ne doit pas nous échapper.
Ne perdons pas de vue la justesse de nos objectifs et la grandeur de notre mission, et tout ira bien.

Au nom des centaines de morts que nous avons laissés sur le chemin, au nom de tous ces enfants des rues sans espoir et sans avenir, au nom de notre peuple humilié et meurtri, nous devons aller jusqu’au sacrifice suprême. Nous ne nous battons pas contre une personne mais contre un système. Nous ne nous battons ni pour celui-ci ni pour celui-là. Nous nous battons pour la Guinée. Personne n’est important, seule la Guinée est importante.

Tierno Monénembo

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CETTE SEMAINE